La Machine à vous surprendre

Si vous regardez la Parisphère de ce blog, vous comprendrez en un instant que j’ai du mal à m’éloigner du centre de Paris pour aller au resto. Ou alors, c’est pour aller carrément ailleurs, prendre une voiture, un avion ou un train et m’échapper quelques jours.

Mais… quand des potes de potes ouvrent une chouette adresse à Boulogne, que cette adresse enchante les critiques gastro (Fooding, Figaroscope, Elle, tous ont chanté les louanges de cet endroit), c’est avec beaucoup de plaisir et, dans ce cas, d’impatience que je me déplace jusqu’en banlieue. Hi hi, j’en vois déjà qui râlent contre mon parisianisme affiché.

La Machine à coudes vaut le trajet. Et voilà pourquoi :

- Pour la déco, mi-chinée, mi-moderne, avec une petite touche industrielle dans les chaises. Un joli endroit de bric et de broc avec juste quelques tables réalisées avec des pieds d’anciennes machines à coudre.

- Pour Marlène et Thomas. Parce qu’on a tous dit un jour : « plus tard/ l’année prochaine/ demain, j’ouvre un resto/ une boutique/ un salon de thé. Eux l’ont fait et aujourd’hui, ils font tourner cette Machine. Marlène était juriste mais elle a troqué les codes Dalloz contre les bouteilles de vin qu’elle conseille, recommande, ouvre et sert en salle. Et c’est un plaisir de l’écouter en parler. Thomas a troqué ses livres (il était libraire) pour les batteries de cuisine.

- Pour la cuisine. Et parce qu’on garde toujours en tête que derrière la porte de la cuisine, il y a un « amateur ». Un mec comme vous et moi quoi (oui bon il a sans doute plus de talent que moi mais dans l’idée, c’est ça). Un autodidacte doué qui sort de sa cuisine des assiettes alléchantes, de jolies idées comme cette salade de seiches crues au piment d’Espelette (10€), tout simplement surprenante. Ou ce velouté de chou-fleur qu’on attend chaud et qui surprend par sa fraîcheur juste salé de quelques oeufs de truite, gentiment facturé 6€.

Des assiettes maîtrisées aussi comme ce magret de canard (16€), parfaitement cuit, bien assaisonné et accompagné de tagliatelles de carottes et de pleurotes.

Le maigre (23€) manquait de deux petites minutes de cuisson à mon goût mais la sauce à l’ail des ours et la purée de topinambours étaient parfaites.

J’ai été particulièrement épatée par le blanc-manger au safran (6€) pour son goût puissant et sa texture parfaite. Et aussi parce que blanc-manger, c’est joliment désuet comme dessert. La tarte au chocolat (7,50€) n’a pas fait long feu avec sa crème pas amère et sa pâte bien sablée.

Et puis, on y va aussi parce que les amis des amis… Vous voyez quoi…

L’adresse : 35 rue Nationale. 92 100

Retrouvez la Machine à Coudes sur la Parisphère.

Paulo dans le Métro

Montez, je vous emmène dans le Marais! Chez Paulo. Paulo? Mais oui, Paul-Arthur Berlan, demi-finaliste de l’édition 2011 de Top Chef.  Suivez un peu nom d’une pipe!

Paulo (même pas que pour les intimes), c’était le gars sympa de l’émission, le type qu’on aime sans le connaître, pas prétentieux pour un sou. Du coup, je suis allée tester son resto, Le Métropolitain. Mais pas dans le vrai métro hein. Dans un endroit beaucoup plus clean, rue de Jouy, dans le Marais. Ici, le décor est estampillé RATP. Céramique blanche, anciennes banquettes du métro, vieux tickets, vous avez compris le principe.

Toujours pas de star attitude pour le chef, qui sort à peine la tête de ses fourneaux. Et il envoie des bons petits plats, sincères et généreux. Oui, il y a quelques inégalités sur la carte mais on sent du travail et de l’envie. Et son envie, elle vous donne envie. De faire un repas tout canard par exemple avec une tourte de canard col vert (10€) et un canard en deux cuissons servi avec une tombée d’épinards au gingembre. (19€)

Ou envie d’un maigre de ligne en croûte de pain accompagné de petits légumes (21€). Rigolote cette croûte de pain et bien croustillante sur un poisson cuit comme il faut avec des légumes un peu croquants bien réjouissants.

Envie toujours. D’un petit dessert intriguant comme cette sphère meringuée mangue et passion (10€) ou gourmand comme la tarte au chocolat (10€ aussi, mangée si vite qu’elle n’aura pas sa photo).

La sphère, c’est un peu décevant, on s’attend à une grosse surprise et c’est une meringue fourrée aux fruits exotiques. En revanche, la tarte au chocolat, tout simplement délicieuse. Une bonne pâte, un chocolat pas amer et pas dur, une excellente raison d’y retourner.

Côté prix, le trio entrée-plat-dessert chiffre facilement 40/45€ et c’est quand même un peu cher. Optez pour un duo entrée-plat ou plat-dessert, c’est largement suffisant. Quoi qu’il arrive, ne partagez pas la tarte au chocolat, vous sortiriez de table frustré. Allez terminus, tout le monde descend.

L’adresse : 8 rue de Jouy. 75004.

Retrouvez le Métropolitain sur la Parisphère.

Ciasa Mia, l’adresse au dessert incroyable

Cela faisait des semaines que des voisins du lieu me parlaient de Ciasa Mia en termes plus qu’élogieux. Il y a quelques semaines, j’ai découvert, enfin, ce restaurant.

Je dis non à la déco Tyrol italien et au patchwork un peu bizarre au fond de la salle et non aux rideaux en dentelle et autres détails kitschouilles. Mais oui aux poutres, aux pierres et à la cheminée. Et oui, oui, oui à l’assiette dans laquelle on trouve de beaux produits (cèpes, faisan, truffe), des belles idées (sabayon au sapin par exemple), des associations qui claquent bien. La carte est en majorité italienne avec gli antipasti, i primi piatti, le carni, il pesci mais les touches autrichiennes sont bien présentes (sacher torte, lintzer torte). Samuel en cuisine et Francesca en salle assurent un max.

Je suis restée bouche bée à la dégustation de cet amuse-bouche, un jaune d’oeuf cuit légèrement pour créer une poche qui a ensuite été vidée puis remplie à nouveau avec le jaune et une crème à la truffe. C’est tiède, la truffe cachée se révèle en même temps que le jaune tapisse la langue, c’est tout simplement ingénieux. Et délicieux.

Le carpaccio de cèpes était superbe avec sa meringue à la truffe, les paccheri au faisan mijoté avec ses haricots borlotti et speck aussi bons que l’intitulé l’annonçait.

Mais je voudrais vous parler de cette façon de trou normand italien, un sorbet mandarine à la truffe blanche. Une tuerie.

 Surtout surtout, il faut que je vous parle de l’incroyable dessert que j’ai mangé. Un dessert à partager (à deux au moins) servi à même la table. Quand Francesca vous demande de soulever vos verres pour ajouter une sorte de toile sur la nappe, vous restez un peu dubitatifs. Puis, elle arrive avec un chariot rempli de pots et de siphons et là commence un spectacle incroyable. Elle pose l’un après l’autre sur la table « un soleil jaune citron », une base de mandarine sur laquelle elle pose un gâteau au chocolat puis une pâte châtaigne – romarin, un pain brioché au raisin, un sorbet au chou rouge, une glace au sapin, une mousse au potiron, une crème de chocolat noir et une au chocolat blanc et au gorgonzola, une poudre de chocolat et olive, le tout parsemé de petites meringues à la betterave. Le dessert se crée sous vos yeux pour ressembler à ça après quelques minutes.

Chaque petite portion suscite l’étonnement et beaucoup de commentaires de toute la table qui se rallie bien vite au dessert.

Jusqu’à…

… la fin.

Si vous aimez l’inattendu, Ciasa Mia est pour vous. Si vous avez le budget, c’est mieux parce que vous serez très vite à 50-60€. Sinon, il y a deux menus dégustation à 42 et 59€ servis à toute la table.

L’adresse : 19 rue Laplace. 75005.

Retrouvez Ciasa Mia sur la Parisphère.

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Aki, l’omelette version japonaise

Déjeuner tardif entre potes un samedi midi. La queue est longue devant chez Kunitoraya comme devant chez Higuma. Sapporo est blindé. Une excellente occasion de changer du ramen et d’aller chez Aki goûter l’okonyomaki, une omelette japonaise à base de farine, d’oeufs et de chou cuite sur une plaque chauffante. Selon votre degré de fantaisie, vous pouvez la choisir aux crevettes, aux légumes ou au poulpe. Ou à tout ça!

Des petites croquettes au potiron, histoire de patienter. Mais aussi parce que c’est bon!

L’omelette arrive dans un plat en fonte, La bonite séchée râpée ondule sous l’effet de la chaleur, on devine dessous deux sauces qui ajoutent un goût un peu sucré et caramélisé. L’idée, c’est d’en couper des morceaux avec une petite pelle, de les piocher avec ses baguettes, de les déguster bien chauds. Sachez-le, c’est spécial comme goût. Moi, j’adore!

Ne vous attendez pas à une cuisine très fine mais c’est bon marché et bien nourrissant.

Si vous pouvez, installez-vous au comptoir pour observer le cuistot en pleine préparation, c’est divertissant.

L’adresse : 11, rue Saint-Anne. 75001.

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Blend vs Big Fernand, le combat des burgers

Paris est-il si mal loti en burgers dignes de ce nom pour que deux adresses exclusivement dédiées au sandwich ricain fassent le plein quelques semaines seulement après leur ouverture et quelques papiers dans la presse ou sur Internet?

En bonne burger-addict, je suis allée vérifier pour vous. J’ai testé… et comparé.

Le cadre : bois clair, affiches graphiques en noir et blanc, petites tables à partager pour Blend. Murs en briquettes sombres, tables et chaises style indus’, le tout en rouge et noir chez Big Fernand. Avec en prime, trois moustachus en chemise à carreaux derrière le comptoir. A mi-chemin entre terroir et branchitude.

L’ambiance : Chez Blend, à 20h en semaine, la salle est complète, la queue est déjà longue et l’attente se fait en grande partie dehors. Quand il pleut ou qu’il fait -5°C, ce n’est pas la mise en appétit la plus agréable. Ok, -5°C, c’est plutôt la température qu’il fait à Stockholm en ce moment mais quand même… Et je ne vous parle pas de la queue du samedi midi! Chez Big Fernand, il y a une bonne attente le midi mais ça avance vite.

La carte : cheeseburger, bacon cheeseburger, … c’est fini. Chez Blend, c’est Signature, Cheesy, Green.Et les desserts, ce sont des blendies. Chez Fernand, c’est plutôt prénoms masculins : Philibert, Victor, Fernand, Alphonse. Sauf pour les frites, les Fernandines.

Le burger :

Goûtés chez Blend : le Signature (steak, compotée d’oignon, bacon, pomme, roquefort, emmental de Savoie et pousses d’épinards), le Cheesy (steak, cheddar anglais, bacon, sauce barbecue maison, oignon pickles, iceberg) et le Sweet (celui du mois au veau, compotée de carottes, poivrons, menthe, chorizo, parmesan et roquette).

Pas grand chose à dire sur les buns même si moi j’aime bien quand c’est un peu brioché. Viande d’Yves-Marie le Bourdonnec. Rien à dire elle est bonne, mais ça reste un steak haché. Cheddar anglais un peu trop fade à mon goût dans le Cheesy contre une sauce barbecue puissante, roquefort écrasé par les oignons et la pomme dans le Signature . Frites au top, juste un peu trop grasses pour celles de patates douces.

Chez Big Fernand, le Fernand (boeuf, saint-nectaire, sauce maison) me faisait méchamment de l’oeil. Le fromage est fondu dans une petite poêle à raclette avant de venir s’allonger sur la viande. Petit bémol au passage sur la viande. Le pain m’a fait peur au départ mais sous ses airs de petit pain trop ferme se cachait un bun à l’extérieur croustillant mais moelleux par ailleurs. Il me reste à tester le Victor au veau et à la fourme d’Ambert et l’Alphonse à l’agneau et à la tomme de Savoie. Fernandines croustillantes, elles seraient parfaites sans le petit goût d’huile.

Et sinon : boissons maison chez Fernand avec des sirops de citron, menthe ou grenadine bio en version gazeuse ou plate. Un grand oui aux cookies de chez Blend, surtout ceux au beurre d’arachide.

Les prix : 10€ le burger chez Blend, 15€ en formule le midi avec des frites et une boisson soft mais vous serez vite à 25€ le soir.  Entre 12 et 16€ la petite formule (burger, Fernandines et boisson) et entre 15 et 18€ la grosse formule (avec un dessert en plus).

Verdict : Ma préférence va à Big Fernand pour son pain, pour le fromage de qualité et bien fondu et parce qu’on sait où on va quand on rentre ici. Blend ressemble à un resto classique où la commande est prise une fois que vous êtes assis et elle est amenée à table. Mais ça reste un fast-food où vous n’aurez ni assiette, ni couverts. Et surtout, les burgers sont coupés en deux et le côté kiffant du burger, c’est quand même de l’attraper à deux mains avant de croquer dedans, non?  Vivement que Big Fernand ouvre aussi le soir!

Les adresses :

Blend : 44 rue d’Argout, 75002.

Big Fernand : 55 rue du Faubourg Poissonnière. 75009.

Retrouvez Blend et Big Fernand sur la Parisphère.

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